Oumou Sangaré « La vie est un combat ! Personne ne croira en vous à votre place » !

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Dans son dernier album Mogoya, Oumou Sangaré prend une place de grande sœur qui a traversé beaucoup d’épreuves et guide les jeunes filles à suivre ses pas et à ne pas céder aux tentations négatives de la vie, comme le suicide, qui prend de plus en plus d’ampleur au Mali.

Une femme de caractère aux multiples facettes

Derrière la chanteuse, il y a aussi Oumou Sangaré, la femme d’affaires. Si elle n’a pas sorti d’album depuis près de huit ans, ce n’est pas par manque d’inspiration. Elle n’a « jamais voulu céder à la pression et au stress des maisons de disques » qui poussent les artistes à produire des albums de façon régulière. Oumou Sangaré aime prendre son temps pour écrire et travailler ses paroles. « Il n’y a pas de pause chez moi. Je n’ai jamais été inactive car j’ai besoin d’être mobile constamment » souligne-t-elle sérieusement.

Toujours dans l’esprit de prouver aux femmes que tout est possible, elle a créé, entre deux tournées ou deux scènes, un hôtel, la marque de voiture sino-malienne, Oum Sang, une ferme de dix hectares et plus récemment, un festival de musique Wassoulou. Sans oublier, un complexe de quarante bungalows climatisés dans son village. Tant d’initiatives qui créent de l’emploi au sein de son pays. « Travaillons ! Réveillez-vous ! », insiste-t-elle.

C’est en allant régulièrement travailler dans ses champs aux côtés de sa mère octogénaire, photos Facebook à l’appui, qu’elle montre l’exemple et enseigne les bonnes pratiques pour que les jeunes prennent conscience « qu’ils peuvent eux aussi faire quelque chose chez eux, en Afrique, au lieu de perdre la vie en mer en essayant de venir en Europe, croyant qu’ils vont y trouver monts et merveilles. Mais même en Europe il faut travailler ! ». Si Oumou Sangare avoue parfois être fatiguée, elle ne se laisse jamais aller car elle se doit d’être un pilier solide pour aider son pays à se développer.

Entre tradition et modernité

Oumou Sangaré se bat également contre l’excision, les mariages forcés ou toutes autres traditions de la société patriarcale africaine qui nuit au développement de la femme. Pourtant, elle n’est pas contre toutes les traditions, au contraire ! Dans son dernier album Mogoya, l’artiste évoque les relations entre les hommes, « la chaleur humaine africaine que l’on ne trouve qu’en Afrique » et qui se perd aujourd’hui à force de guerre et de conflits. Elle invite le peuple africain à « redescendre sur terre, pour savoir qui [il est] », à retrouver son humanisme et à sauvegarder certaines traditions et valeurs africaines qui « ne sont pas toutes bonnes à bannir ». Oumou Sangaré aime son pays, son continent et sa culture.

La sortie de Mogoya est prévue pour le 19 mai 2017, en attendant vous pourrez la retrouver sur la scène de la Grande Halle de La Villette au Festival 100% Afriques.

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